cŏercĕō, cŭī, cĭtum, ēre (cum et arceo), tr., enfermer complètement,

¶ 1 enfermer, resserrer, contenir : mundus omnia complexu suo coercet et continet Cic. Nat. 2, 48, le monde enferme et enserre tout de son étreinte (2, 101)

¶ 2 empêcher de s'étendre librement, contenir, maintenir : amnis nullis coercitus ripis Liv. 21, 31, 11, rivière qu'aucune rive ne contient ; aqua jubetur coerceri Cic. Top. 39, ordre est donné de contenir l'eau ; quibus (operibus) intra muros coercetur hostis Liv. 5, 5, 2, (travaux) qui enferment l'ennemi dans ses murs ; [poét.] numeris verba Ov. P. 4, 8, 73, enfermer les mots dans le mètre du vers ||
vitem serpentem multiplici lapsu et erratico ferro amputans coercet ars agricolarum Cic. CM 52, quand la vigne pousse en rampant ses jets multipliés et vagabonds, la science du laboureur, en la taillant avec le fer, réprime ses écarts (la ramène dans l'ordre)

¶ 3 [fig.] contenir, tenir en bride, réprimer : cupiditates Cic. de Or. 1, 194, réprimer les passions ; fenus Liv. 32, 27, 3, réprimer l'usure ; coercere milites et in officio tenere Cæs. C. 1, 67, 4, tenir en bride les soldats et les garder dans le devoir ; orationem rapidam Cic. Fin. 2, 3, arrêter une parole qui s'épanche (un développement dans son cours rapide) ||
réprimer, châtier, corriger, faire rentrer dans le devoir : quam (civium conjunctionem) qui dirimunt, eos morte, exsilio, vinclis, damno coercent (leges) Cic. Off. 3, 23, ceux qui portent atteinte (à la société civile), les lois les punissent par la mort, par l'exil, par la prison, par des amendes, cf. Cat. 1, 3 ; Leg. 3, 6. ↣ orth. cohercere Aug. Civ. 5, 26 ; 17, 9.